Sur le Zinc

La compétitivité selon Pérec

W ou le souvenir d’enfance (p 217 à 220)

Al Grossman, manager de Bob Dylan et « spin doctor » de l’industrie du disque

Les dessous de la fabrique des icônes

Photojournalisme(s)

Des photos, et du journalisme

La photographie « témoin fidèle » de son temps ?

Fonction documentaire de la photographie

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Expos

Cahier N°II

Cahier N°II. Monceaux Mathieu

Cahier N°I

Cahiers photographies - Mathieu Monceaux

Métamorphoses urbaines, paysages des franges

Mégapole(s)

Bains douches : Photographies d’un contre-espace

Série de photos

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Tératologie

Bob Dylan, un récit initiatique

Sur les premières années de Dylan à New York et les rencontres qui ont marqué son cheminement.

Le corps, la langue, chez Artaud

Artaud le Mômô, Artaud le penseur, le corps, la langue d’Artaud

L’expérience intérieure, communication et poésie chez Georges Bataille

Le schéma de l’expérience intérieure est mystique.

Tropique du Cancer d’Henry Miller

Henry Miller l’écrivain, le viveur, incarne l’athlète, la bête.

En vrac

Sérigraphie 2 : Fatiguez-vous les yeux

Un être éclot fatigué, et fatigant.

Faille dans l’espace-temps urbain

Un historique des bains douches

L’espérance tiède comme un mauvais roman

Automatiques de comptoir

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Puissances de l’image

Les images du photographe font du sujet de la photographie un sujet impalpable. Car le spectre qu’une photographie enregistre fait fuir la réalité du phénomène. mais crée une présence. Parcourir des images, les commenter c’est moins tracer des lignes de sens, opérer des percées hors cadre, qu’écouter ce mutisme propre aux photographies et le secret qui s’y rattache.


Puissances de l'image

Dissolution des formes, des objets,des lumières de la ville, telle est la puissance de l’image photographique.

Images fascinantes - elles se laissent regarder dans la mesure où elles nous regardent. Elles forment notre regard, le peuplent et jettent un regard médusant sur toute chose.

Les photographies sont portées par un mouvement de recherche, qui inquiète et qui dénoue les choses en les dissolvant dans le grain fasciné d’une image-sensation.

L’image n’est pas plus irréelle que le rêve n’est surréel. A la limite on pourrait dire qu’elle est est a-réelle comme on dit d’un homme qu’il est amoral. Elle pose des problèmes au réel, et c’est la teneur de ces problèmes qui font sa force.

Ces problèmes ne sont pas conceptuels (ils se résoudraient trop facilement). Ils ne sont pas ceux de la perception, même s’ils s’y rattachent. mais de la vision, une fois celle-ci démise des lois de l’habitude et comme précipitée à grande vitesse.

Dans la réaction chimique de la révélation photographique toute l’épaisseur des choses, leur durée, leur consistance, leur matière, semble retirée. Illusion maîtresse : tous ces éléments sont en réalité redistribués et finissent par miroiter à l’extrême surface de l’image.

La photographie est donc un précipité de matière qui concentre dans un atome de durée un pan d’espace fait de lumière.

Son grain particulier , c’est le style propre au photographe mais plus profondément, ce qui laisse passer le temps dans l’image, qui la parcourt dangereusement .
Cette durée ne fait pas de la photographie un objet de mémoire. C’est dans sa présence même que la durée s’inscrit et forme un bloc

L’intensité d’une photographie jaillit de l’ordre d’une composition,même si cet ordre est rendu au hasard, à l’instantané d’une rencontre. .

Il faut se tenir à une certaine distance pour voir. Même l’omniscience ne servirait à rien, sauf à trop voir, et à ne plus se démettre des choses ;
Dévorer les choses du regard, ce n’est pas les voir ; c’est rien moins que les rogner. Fasciner, c’est se tenir auprès des choses. Pas en elles.

Car la photographie est l’extrême terme de la vision, une pointe, un « percept ».

Elle est un mur. Mais ce mur tend lui même à être traversé, parcouru par des lignes brisés qui fuient en tous sens.

A mesure que nous pensons la photographie, nous devons nous abandonner à son mutisme, : refuser le bruissement ininterrompu de nos palabres, les rumeurs et des bruits familiers,
Car
Voir n’est pas simplement parcourir l’image de ses yeux, c’est voir ce qui regarde en nous, jusqu’à l’extrême pointe, et faire crier ses yeux, jusqu’à l’aveuglement,
Tout en silence, sans sensiblerie inutile.
Pleurer ne nous servirait à rien, sauf à voir des bâtons strier la page et perdre l’émotion réelle.

Le photographe lui-même n’erre pas dans la ville à la recherche d’images ou d’émotions fortes. Il est à l’affût,. Il est moins captivé qu’il n’est en prise avec les choses - la capture est sa récompense.

Le photographe est un « spectre affectif ».

Chasseur, sans athlétisme particulier, à la quête improbable, indécise.

Texte : Omer Weil - Photographies : Paul Szarkan

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